Arômes et parfums : quelles opportunités pour les biotechnologies ?

Capture d’écran 2016-03-30 à 22.30.43L’industrie des arômes et parfums se tourne de plus en plus vers les procédés biotechnologiques pour accompagner son développement, dans une optique de naturalité des produits et de durabilité des ressources.  A fin 2015, le marché des arômes et parfums a été estimé à 20 milliards €

, avec un taux de croissance annuel (CAGR) de plus de 6% sur la période 2015-2020. Quatre entreprises (Givaudan, Firmenich, IFF et Symrise) représentent aujourd’hui près de 60% de ce marché mondial des arômes et parfums. Les molécules mises en jeu peuvent être obtenues par synthèse chimique, par extraction à partir de substances naturelles ou par des procédés biotechnologiques.

L’intérêt pour la biocatalyse dans l’industrie des arômes et parfums est d’autant plus fort que les consommateurs sont de plus en plus demandeurs de solutions naturelles

. Pour les industriels, le recours aux biotechnologies permet aussi de s’affranchir de technologies énergivores et polluantes. Enfin, certaines molécules clés de l’industrie aromatique issues de ressources naturelles rares peuvent désormais être produites à partir de substrats abondants et peu coûteux via des procédés de biocatalyse. Les procédés mis en jeu peuvent être la

catalyse enzymatique directe

, et plusieurs familles d’enzymes ont déjà fait l’objet de développements industriels : lipases, glycosidases, peroxydases, lyases… D’autres technologies font intervenir des

procédés de conversion par fermentation bactérienne

(

Lactobacillus

,

Acetobacter

…),

levurienne

(

Yarrowia lipolytica

,

Kluyveromyces

,…) ou

fongique

(

Aspergillus niger

).

La vanille, un arôme clé

Les notes vanillées sont présentes dans de nombreuses applications : alimentaire, cosmétique, parfums, produits d’entretien… Traditionnellement, l’arôme de vanille est produit à partir de la gousse de vanille dont les zones de production sont limitées (Océan Indien, Indonésie, Polynésie et Mexique). A elle seule, Madagascar représente près de 75% de la production mondiale de gousses de vanille. Le marché de l’arôme de vanille est d’environ 700 millions d’euros mais la vanille extraite de la gousse n’en représente qu’un très faible pourcentage. La synthèse chimique de la vanilline remonte au milieu du 19ème siècle et

plus récemment des procédés biotechnologiques ont été développés

 :

La biocatalyse pour produire des molécules spécifiques

Le menthol, un arôme clé de l’industrie de la confiserie a des propriétés rafraîchissantes sous sa forme L-(-)-menthol, les autres isomères ne présentant pas cette particularité. L’hydrolyse enantiosélective du (D,L) menthyl benzoate par une lipase de Candida rugosa permet ainsi l’obtention de L-(-)-menthol d’une pureté > 99%.

Conclusion

Les procédés biocatalytiques mis en œuvre dans l’industrie des arômes et des parfums offrent clairement de nombreux avantages

par rapport aux méthodes d’extraction ou de synthèse chimique. En revanche, leur industrialisation demeure un

enjeu majeur de la filière 

: comment concilier le besoin de catalyseurs très spécifiques et souvent de faible volume d’emploi avec les contraintes des acteurs industriels producteurs d’enzymes ou de ferments ?

Sources

Contact : David Guerrand, Chargé de partenariats industriels TWB, david.guerrand@toulouse.inra.fr