La bioéconomie au Japon

L’approche japonaise de la bioéconomie du futur repose sur deux piliers.

Au Japon, pays pauvre en ressources naturelles et fortement dépendant de l'importation, la bioéconomie se fonde sur deux piliers : 1. l'attention portée aux faibles ressources du pays telles que les plantes, les forêts, les déchets alimentaires et les cultures marines, et 2. l'utilisation très efficace de ces ressources et énergies (en japonais, « mottainai » exprime la culture anti-gaspillage). Avec ses compétences en technologies de pointe, sa quête de perfection et sa tradition unique fondée sur le collectif, qui se traduisent en d'innombrables partenariats entre le public et le privé, le Japon met tout en œuvre pour établir une bioéconomie unique et sur mesure.

1. Déchets alimentaires et cultures marines

Au Japon, on estime que 310 000 tonnes d'huiles alimentaires usagées sont mises au rebut chaque année. TBM, l'un des principaux fabricants japonais de turbines, a développé un groupe électrogène mobile de 100 kVA alimenté par de la graisse et de l'huile usagées. D'ici la tenue des Jeux olympiques à Tokyo en 2020, des camions équipés de ces technologies fonctionnant à « l'énergie alimentaire-verte » seront utilisés dans tout le pays. Les algues comme Botryococcus braunii sont étudiées comme de potentielles sources de bio-kérosène pour la flotte aérienne japonaise, pour les Jeux de 2020. Des initiatives composées de membres poids-lourds, tels que JAL, ANA, Denso, IHI, Mitsui, Mitsubishi, ainsi que de nombreux autres partenaires ayant gonflé les rangs de l'INAF, Initiative pour les carburants nouvelle génération de l'aviation, mettent tout en œuvre pour atteindre cet objectif.

2. Utilisation efficace des ressources et recyclage

La culture japonaise de la perfection et de la propreté se retrouve dans d'innombrables exemples d'utilisation des ressources et de recyclage, allant des processeurs PEZY-SC, pour une informatique hautement performante et économe en énergie, à la récupération de la chaleur, des matériaux et des effluents issus de l'industrie. Avec le développement de véritables « usines à plantes » équipées d'ampoules LED et contrôlées par ordinateur, l'agriculture verticale a connu des avancées spectaculaires au Japon, où des centaines d'édifices répartis dans tout le pays se sont lancés dans l'agriculture urbaine. La biologie de synthèse et l'ingénierie métabolique appliquent elles-mêmes le principe de l'utilisation efficace des ressources : le Japon figure parmi les principaux pays qui utilisent les bactéries ou les plantes, aux génomes réduits et optimisés sur le plan métabolique, pour la production d'intermédiaires chimiques à partir de biomasses, comme la lignine. Parmi les nombreux exemples, figure celui d'un consortium public-privé dont l'objectif est de produire un « phénol vert » peu coûteux à partir de cellulose et d'hémicellulose, grâce à un traitement en deux étapes de Corynebacterium glutamicum. La NEDO, l'agence de développement du puissant ministère japonais de l'Économie, du Commerce et de l'Industrie, vient de publier des « Directives pour l'utilisation régionale des énergies issues de biomasses ». C'est une nouvelle étape que franchit le programme ministériel sur les « éco-villes », un projet à long terme qui connaît un franc succès. Initié en 1996, il propose une législation et des incitations permettant aux gouvernements régionaux et aux industries de coopérer dans une optique de durabilité environnementale et de construire une société du recyclage et bas-carbone.

Plus d’information

Contact : Rolf Schmid, Professor Emeritus University of Stuttgart – Founder and Director of Bio4Business, rolf.d.schmid@bio4business.eu
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