Le biocontrôle
Les techniques de biocontrôle utilisent des mécanismes naturels pour protéger les cultures, réduisant l’usage des produits phytosanitaires.
L’apparition de résistances aux produits chimiques utilisés en agriculture ainsi que de problèmes sanitaires liés à leur utilisation massive (pollution de l’environnement, scandales sanitaires) ont entraîné le développement de
méthodes de lutte alternativesà leur emploi.
Le biocontrôle est fondé sur la gestion des équilibres des populations d’agresseursplutôt que sur leur éradication. Il implique l’utilisation de populations d’agents auxiliaires ou de leurs produits, pour réduire la population d’agresseurs en dessous du seuil de leur nuisibilité, sous lequel la nuisibilité du bioagresseur ne justifie économiquement pas la réalisation d’un traitement. Les produits de biocontrôle sont classés en
4 familles: les macroorganismes (invertébrés, insectes, acariens ou nématodes), les microorganismes (champignons, bactéries, virus), les médiateurs chimiques (phéromones, kairomones) et les substances naturelles (d’origine végétale, animale ou minérale). Le biocontrôle s’emploie dans le cadre d’un
programme de lutte intégrée contre les nuisibles, avec l’utilisation de pratiques culturales compatibles avec une gestion non chimique des cultures. D’une manière générale, c’est une autre stratégie de conduite des cultures qui est mise en place, et
la prévention y tient une place importante. Jusqu’à présent,
aucun cas de résistance aux biopesticides n’a été reporté, bien qu’il est tout à fait envisageable que les ravageurs développent des résistances vis-à-vis de leurs prédateurs auxiliaires si ceux-ci sont mis en présence de manière répétée sur du long terme. Il existe différents types de lutte biologique. La plus utilisée et connue est la
lutte inondative, où des auxiliaires sont industriellement élevés et reproduits, puis sont relâchés en masse de manière répétée sur la culture à protéger, à la manière d’un produit chimique. Les auxiliaires ne sont pas persistants dans l’environnement et l’effet n’est visible que sur du court terme.
2 grappes de tomates : à droite celle traitée par un biopesticide, à gauche celle témoin non traitée sur sol non désinfecté (Crédits : M. Tranier)
, il est estimé à seulement 3 milliards USD lorsque celui des PPP (Produits PhytoPharmaceutiques) chimiques en représente 55 en 2016. Cependant, il tend à présenter
un taux d’accroissement d’environ 8% annuellementet il est estimé à 4,5 milliards USD en 2023.
Figure 1 : Evaluation du marché des biopesticides et perspectives (Olson S., 2015).
Les acteurs du marché du biocontrôle sont principalement de grands groupes, généralement les mêmes géants de l’agrochimie qui se lancent dans ce secteur en pleine explosion. Parmi eux, Bayer (Monsanto), BASF, DuPont, etc. Cependant des PME se lancent dans cette activité dont les perspectives d’évolution sont prometteuses (BIOTOP, GERME SA, IF TECH, JADE : filiale du groupe ALIDAD INVEST, Vivagro).
En France, le gouvernement s’est engagé à promouvoir l’utilisation du biocontrôle au travers du
plan Ecophytoissu des Grenelles de l’Environnement. L’objectif ultime étant la diminution de 50% de l’utilisation d’intrants chimiques dans les années à venir. Par ailleurs, l’agro-écologie (et parmi elle, le biocontrôle) est encouragée par l’état via son
plan Agriculture – Innovation 2025.
Pour en savoir plus
- http://agriculture.gouv.fr/quest-ce-que-le-biocontrole
- http://agriculture.gouv.fr/agriculture-innovation-2025-des-orientations-pour-une-agriculture-innovante-et-durable
- http://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/151022_ecophyto.pdf
- Olson S. 2015. An alalysis of the biopesticide market now and where it is going. Outlooks on Pest Management. DOI: 10.1564/v26.